Comme l'a dit Monsieur Molle, le béton et la peinture, sont loin de constituer les seuls facteurs importants en prison.
On ne peut pas parler de la prison sans parler du système judiciaire car l’administration pénitentiaire ne fixe ni le nombre de détenus ni la longueur des peines. C’est le système inquisitoire français qui pousse à la surpopulation pénale. Le programme d’augmentation des capacités (16 500 places à 100 000 € la place construite) est une folie. D’autres mesures réclamant moins de moyens seraient plus efficaces. 36% des détenus sont des prisonniers non jugés : ce sont 15 à 20 000 personnes de trop. Cette responsabilité incombe aux juges ! Les détentions provisoires ne devraient concerner que les individus dangereux. Sachant que nous disposons de 38 gardiens pour 100 prisonniers, quelle économie possible ! Pourquoi ne pas changer de méthode et confier aux surveillants la gestion de détenus sous contrôle « à l'extérieur » ?
Dans certaines vieilles prisons, l’ambiance est meilleure que dans des prisons neuves. Les relations psychologiques entre l’administration pénitentiaire et les détenus, aujourd’hui empreintes de méfiance, doivent changer de nature. Les détenus sont déresponsabilisés, toute initiative et toute liberté leur étant interdites. Ainsi, la liberté de circuler entre les cellules pour les détenus de longue peine vient d’être supprimée ou du moins grandement diminuée. Enfermé dans 9 m², on n’apprend pas à être père de famille ou à se réinsérer dans la société.
Les mesures les plus importantes sont des mesures peu coûteuses, mais leur mise en œuvre qui appelle un changement de culture est malheureusement plus complexe que la mise en œuvre d’un programme de construction. A l’heure actuelle, les détenus sont démotivés, humiliés et traités comme des enfants. Ils devraient par exemple se voir proposer un PEP pour compenser les manques constatés dans le bilan de leurs compétences.
La construction de nouvelles prisons ne fera pas disparaître la faille du système actuel qui est une école de la délinquance, aux antipodes de ce que propose le Groupe Mialet : faire de la prison une chance supplémentaire pour ceux qui ont déjà échoué.
Président du Groupe Mialet