Groupe Mialet

Communiqué de presse du 3 juillet 2001
 
   

Bien fol est qui s'y fie

Sur les frontons de ses palais, la justice est souvent représentée comme une femme aux yeux bandés. Qui ne connaît l’adage « Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie ». Jugez-en vous-même?

Seconde édition du procès du financement du Parti Communiste.
La première édition avait été interrompue en octobre 2000 après les réquisitoires du fait de la récusation du président du tribunal Madame Sophie Portier. La substitut du procureur, Sylvie Salama-Schangler venait de réclamer quinze mois de prison avec sursis et deux d’inéligibilité contre Robert Hue et deux à trois ans* dont une partie avec sursis contre le directeur général adjoint de la Compagnie Générale des Eaux, condamné en outre à rembourser 19 millions de francs. Sylvie Salama-Schangler avait reconnu à l’audience que le dossier de Laurence Vichniesky, premier juge d’instruction, n’apportait pas de preuve. On ne peut pas savoir si elle aurait convaincu le Tribunal.
En tout cas elle n’a pas convaincu son successeur représentant du Ministère Public, Eric Thevenon. Ce dernier a demandé contre le directeur de la Compagnie Générale des Eaux dix-huit mois avec sursis et 7,8 millions de remboursement pour le même dossier avec la même absence de preuves. Quant à Monsieur Robert Hue, Eric Thevenon a préféré ne pas requérir de peine et s’en remettre à la sagesse du Tribunal.

Procès en révision de Patrick Dils.
La cour d’assises des mineurs de la Marne rejugeait Patrick Dils. A la surprise générale il a été à nouveau jugé coupable. Mais ce qu’il est, pour le Groupe Mialet, intéressant de noter c’est le réquisitoire de Jean-Dominique Sarcelet : il a demandé l’acquittement sans s’appuyer sur l’existence du « fait nouveau », la présence de Francis Haulme sur les lieux du crime, qui avait amené la cour de cassation a décider un procès en révision. Jean-Dominique Sarcelet a étudié le même dossier que son prédécesseur et en a conclu qu’il était impossible que Patrick Dils ait pu se trouver sur les lieux du crime à l’heure où il a été commis : on aurait pu s’en apercevoir plus tôt ! En douze ans le parquet a changé d’avis : cette fois-ci non plus le premier procureur n’a pas réussi à convaincre le second !

Bien fol est qui s’y fie?

*Nous membres du Groupe Mialet qui avons éprouvé le temps carcéral, n’aimons pas entendre requérir « deux ou trois ans ». Apprenez Messieurs que ce n’est pas exactement la même chose et prenez vos responsabilités.