DERRIERE LES BARREAUX
Christophe LAMBERT
EDITIONS MICHALON 1999
Aujourd’hui en France, 2 500 (sic !) agents pénitentiaires sont chargés de surveiller les 58 000 détenus répartis dans 184 prisons. Pour la première fois un surveillant prend la parole pour décrire la vie derrière les barreaux. Que sait-on du quotidien des individus qui y résident, prisonniers ou gardiens, des liens qui les unissent, des limites qui les séparent ? Dans quelle mesure les gardiens respectent-ils et peuvent-ils faire respecter les droits des prisonniers ? Au risque de mettre en péril sa carrière, Christophe Lambert, à travers son vécu, ses révoltes et les témoignages des hommes avec lesquels il partage son existence, a choisi de briser la loi du silence qui pèse sur l’univers carcéral, dissimule ses abus? et quelquefois, aussi, son humanité.
EN PRISON POUR L’EMPLOI
Christian PROUST
EDITIONS La Nuée bleue 1996
« Dans la nuit déchirée par la lumières des caméras et les flashes des photographes, parmi les cris d’encouragement des amis, les visages de quelques élus collés aux vitres et les coups frappés sur le capot de la voiture, justice te police foncent à travers la foule? L’affaire Gigastore démarre. »
Victime d’une instruction dont le déroulement illustre, selon Le Monde, « les nombreux à-peu-près de la garde à vue et de la prison qui peut faire basculer la vie de chaque Français. Son témoignage éclaire d’un jour nouveau la réalité judiciaire française et la misère des prisons ; il aide aussi à mieux comprendre les difficultés du travail des élus locaux au service de l’emploi. Avec cœur et intelligence, il réfléchit aux conditions d’un retour des valeurs du politique.
FAUT-IL AVOIR PEUR DES JUGES
Jean-Marc VARAUT
PLON 2000
La question du juge, de sa place et de sa fonction dans notre société, est une question récente. Nous assistons depuis les années 80 au développement d’une société de droit et à l’avènement du juge qui en est la figure emblématique. Voilà que les juges prétendent appliquer toutes les lois et exercer la plénitude de leurs fonctions ! Que leur rôle annoncé soit leur rôle réel !
Il s’agit là d’une révolution culturelle. Et nous sommes encore au milieu du gué.
Cette judiciarisation de la société, associée au journalisme dit d’investigation, comporte un risque : voir tout à fait disparaître la présomption d’innocence et la vie privée au profit d’une justiciabilité commune, et aboutir à un mythique « gouvernement des juges ». Mais ces excès présents ou possibles sont moins importants que les effets profonds. C’est par le juge que parlent à nouveau les textes fondateurs, que l’égale dignité est assurée, que les affaires deviennent transparentes et que la législation pléthorique se transforme en justice. Le discours politique lui emprunte sa vertu : l’impartialité, et son mode de recherche de la vérité probable : le contradictoire.
C’est dimension nouvelle du droit et de la place du juge, tiers longtemps absent devenu tiers actif, que nous expose cet essai d’un praticien qui est aussi un philosophe du droit.
Juger, être jugé
Pierre Truche
Fayard mai 2001
Rigoureuse indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et formation très poussée, moyens matériels efficaces, tout cela, certes, est indispensable au corps judiciaire pour répondre aux demandes croissantes d’une société sans cesse plus complexe qui tolère mal l’injustice et dont les membres réclament de plus en plus qu’une tierce autorité les départage en cas de conflit. Encore faut-il que le magistrat sache que l’impartialité ne procède que de lui seul. Il doit savoir se savoir dépendant d’abord de son milieu, de ses croyances, de ses amitiés, de ses inimitiés ; il doit être conscient des effets inattendus, parfois dévastateur de la violence qu’il est chargé d’exercer ; enfin il doit concilier l’irresponsabilité que son statut organise et se sentir responsable des sanctions qu’il est amené à prendre. Conditions ô combien difficile à remplir.
Pour le Groupe Mialet ce livre est malheureusement une collection de vœux pieux : il convient? il faut? il importe?que les juges soient intègres, intelligents, sensibles, impartiaux? Pierre Truche écarte d’une phrase ici l’idée que le vedettariat « tellement contraire à l’esprit du corps judiciaire », puisse intéresser un magistrat, là qu’il puisse être sensible à sa carrière? Soyons justes, ils prête aux journalistes d’égales qualités : « A la presse de savoir où sont ses devoirs et ses responsabilités ». Dans ce monde, le meilleur possible, un magistrat ne saurait être jugé que par ses pairs et de façon disciplinaire !
Toutefois, d’une part il reconnaît que les juges de sièges et les parquetiers devraient appartenir à deux corps différents sans possibilité de passerelles et d’autre part il souhaite le changement de dénomination des « juges d’instruction » qui ne sont pas des juges et devrait s’appeler « magistrat instructeur » enfin entre les procédures accusatoires et inquisitoires il prône une procédure « interactive » qui n’est pas faire penser à notre désir de promouvoir une procédure « contradictoire ».
JUSTICE SANS DIEU
Thierry LEVY
Editions Odile Jacob 2000
Juin 1281, sur les terres du comte de Clermont. Le corps d’un homme assassiné est retrouvé près d’un chariot rempli de quartier de viande. Philippe de Baumanoir, le bailli, mène l’enquête. Interrogé au marché, un jeune boucher se trouble. Il est aussitôt arrêté, torturé, puis jugé et supplicié. Pratique courante.
A Paris, à Lyon, à Lille à Cayenne ou à Pointe-à-Pitre, aujourd’hui des milliers de gens sont arrêtés, placés en garde à vue, mis en accusation puis jugés.
La peine de mort n’existe plus dans notre pays. La torture légale non plus. Pourtant depuis le XIIIe siècle, la procédure criminelle, marquée par son histoire, est la même, inquisitoire, secrète, non contradictoire.
Contre les archaïsme de la justice en France, ce livre est aussi un plaidoyer pour une réforme en profondeur.
Thierry Levy est le président de l’OIP.
Pour le Groupe Mialet il s’agit là d’un ouvrage très bien écrit, très facile à lire qui justifie de façon théorique nombre des thèse que nous défendons. A METTRE DANS SA BIBLIOTHEQUE
Prison. Le cri du silence.
Paul RUTY
Editions de l’Harmattan
5-7 rue de l’école Polytechnique 75005 Paris
Un regard sans complaisance sur l’univers carcéral.
Une descente dans les oubliettes de la République en compagnie de l’auteur, un de ces visiteurs de prison qui se sont donné pour mission d’apporter aux exclus de la chaleur humaine, de la compassion, du réconfort et de l’espoir.
La parole donnée à des hommes que la société a rejetés et condamnés au silence pour des années.
Peut-on rester indifférent à ce cri du silence montant du fond des prisons ?
La surprenante aventure de l’auteur racontant comment il se tourne vers la psychanalyse pour mieux entendre cet immense appel au secours et pour mieux y répondre.
En s’appuyant sur des techniques psychanalytiques, il s'efforce d’aider ses amis détenus à trouver un sens à leur vie de cloîtré et à leur future vie d’homme libre.
Paul Ruty est un officier de marine en retraite, ancien pilote de l’aéronavale. Il a près de huit ans d’expérience de visite des prisons, essentiellement à Fresnes. Il s’occupe aussi, depuis 1992, du recrutement en milieu carcéral au sein de JET.
JET (Jeunes en équipes de travail) est une association animée par des bénévoles et travaillant à la réinsertion de 500 jeunes délinquants chaque année.
LES AVEUX D’UN JUGE D’INSTRUCTION
Catherine Samet
Flammarion mai 2001
C’est un livre instructif : on comprend mieux le fonctionnement de la amchine. C’est un livre instructif : on y voit le rôle de la cantine du Palais pour faire avancer les affaires, les marchandages entre le juge et le proc pour faire incarcérer un notable afin de lui faire peur, l’image qu’ont les juges des chefs d’entreprises, la complicité du juge et de l’avocat.
Hélas ! Quelle complaisance affichée ! Qu’elle est humaine, sensible, intelligente, fine, courageuse, délicate cette juge ! Et les policiers donc ! Et les procureurs aussi ! On croirait lire Hector Malot ! Un vrai conte de fée ! Heureusement il y a quelques méchants : les notables parbleu ! Ils ont du ventre, des bas de soie? oui, oui ! des mouchoirs brodés et une morgue insurportable ! On les met au trou pour leur apprendre qui a le pouvoir. Car il ne s’agit que de cela : « je » montre à tout le monde comme « je » suis puissante !
Mère, femme, fille, sœur, amie de détenu
Témoignages
Dominique Béranger
Editions L’Harmattan 2 000
Les femmes qui témoignent dans ce livre, racontent pour la première fois leur expérience de mère, épouse, femme, fille, sœur ou amie de détenu. Avec une sincérité bouleversante, elles révèlent leur douleur, les épreuves quotidiennes, leur solitude, mais aussi le chemin parcouru vers une évolution intérieure.
Parce que la vie souvent brisée de ces « secondes victimes » fait peur, la société préfère les ignorer. Après tout ne sont-elles pas coupables d’aimer un détenu, un voleur, voire un criminel ?
Quand allons-nous changer notre regard sur ces femmes et leurs familles ? Sans leur soutien, les condamnés perdraient toute chance de réinsertion sociale véritable.
Elles qui connaissent si bien le dedans et le dehors de la prison, ne devraient-elles pas être associées à la réflexion sur l’amélioration du milieu carcéral ? L’espoir de rendre le monde plus humain nous interpelle tous.
Suissesse d’origine et licenciée en sociologie, Dominique Béranger a été responsable de communication pour un Groupe de presse lausannois puis rédactrice free-lance.
Etablie en France depuis 1993, elle écrit et fait partie d’une association d’accueil des familles de détenus. Elle a recueilli ces témoignages pour rendre hommage au courage et à la lucidité des femmes qu’elle a rencontrées.
Perpétuités
Le temps infini des longues peines
Anne-Marie Marchietti
Terre Humaine Plon mars 2001
Comment survit-on après avoir pris « perpète » ? A quelle vie les jurys d’assises qui infligent des sentences de plus en plus lourdes condamnent-ils les auteurs de crimes ? C’est ce qu’Anne-Marie Marchetti, sociologue de l’univers carcéral, a voulu savoir en enquêtant au quotidien dans quelques établissements pour peine » Au fil de ces pages, elle fait entendre la voix des longues peines, hommes et femmes de l’ombre dont les crimes ont parfois défrayé la chronique, décrit leurs efforts pour s’accrocher encore à la vie, leur cheminement intérieur, le regard qu’ils portent sur leur crime, « les années à tirer », la société qui les a condamnés et le système pénitentiaire. Parallèlement au vécu des condamnés, l’enquêtrice nous fait découvrir à travers son journal de bord, le quotidien d’une chercheuse en prison et les interrogations éthiques qui l’ont taraudée pendant ce périple carcéral :où gît le mal ? Et la justice ?
PRISON
UNE ETHNOLOGUE EN CENTRALE
Léonore Le Caisne
Editions Odile Jacob 2 000
Poissy, la maison centrale.
Plus de deux cent cinquante condamnés y sont emprisonnés, parfois « à perpète », vrais voyous ou délinquants braqueurs de banque ou trafiquants de drogues, escrocs ou violeurs. Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Que disent-ils d’eux ? Quelle est vraiment l’action de l’administration et des magistrats face à ces hommes qu’il faut à la fois enfermer et réinsérer ?
Léonore Le Caisne les a observés, en promenade ou au travail, en salles d’activité ou au parloir, chaque jour pendant deux ans. Ils se sont confiés à elle, ils ont raconté leur parcours, leurs relations entre eux, leurs compromis avec les gardiens, leurs espoirs et leurs révoltes.
Un document exceptionnel sur la réalité de la vie carcérale. Où l’on voit que le « problème de la prison » ne tient pas seulement à la vétusté des locaux, à la promiscuité ou à la violence physique.
Léonore Le Caisne est ethnologue. Elle a travaillé et enseigné à l’université Paris-X
PRISONS : UN ETAT DES LIEUX
Observatoire International des Prisons
L’Esprit Frappeur 2000
La prison sort de l’ombre.
Voilà qu’après trente ans d’indifférence, les journalistes s’y précipitent. Visites rapides ou enquête de fond se multiplient pour constater la vétusté des établissements pénitentiaires ; parfois aussi pour dénoncer « l’horreur » qui y règne.
Les parlementaires ont formé une commission d’enquête sur la situation des prisons françaises. C’est dans ce cadre que l’Observatoire International des Prisons, ONG indépendantes des pouvoirs publics a rédigé Prisons : un état des lieux.
Si quatre ans de travail de terrain confirment que ces zones de non-droit nécessitent des réformes urgentes, l’OIP nous met surtout en garde : il faut vider les prisons des trop nombreuses personnes qui n’ont rien à y faire et dont l’incarcération ne sert ni la société, ni la victime, ni la personne détenue.
Sociologie de la prison
Philippe Combessies
Collection Repère mai 2001
Quelles sont les fonctions sociales de la prison ? Qui déteint le pouvoir en détention ? Quel regard porter sur la récidive ? Et sur la perspective de l’abolition de la prison ?
A ces questions - et à beaucpoup d’autres ? ce livre apporte les réponses que permettent les recherches des sociologues français et étrangers. Il éclaire ainsi cette part d’ombre des sociétés démocratiques.
Pour le Groupe Mialet il s’agit là d’un ouvrage très bien documenté qui justifie de façon théorique nombre des thèse que nous défendons. A METTRE DANS SA BIBLIOTHEQUE