Préface de Gérard GUASCH (psychiatre et psychanalyste de renommée internationale)
L’ouvrage critique avec pertinence les modèles utilisés dans notre société à l'égard du corps et la facilité avec laquelle les projections et représentations sociales sont opératoires dans nos institutions. Le lien entre psyché et corps y est généralement dénié. C'est un ouvrage à la fois d'argumentation scientifique, sur le plan des techniques psychocorporelles et dans le champ de l'expertise psy -notamment dans le domaine de la délinquance sexuelle- et de critique de l'institution judiciaire qui utilise largement ces modèles-réflexes faisant la part au seul médical, dans le cadre d’une application compassionnelle du droit (au sens de Myriam Revault d’Alonnes, 2008).
Il est également militant quoique spécifique au champ de la psychothérapie. Il est cependant des situations sociales dans lesquelles l’analyste est aussi acteur social. Les divers cas cliniques qui y sont largement exposés permettent de porter un autre regard sur la pratique analytique en concert avec les ouvrages du Dr Gérard Guasch et des techniques dites « actings thérapeutiques », qui sont trop confondues hélas avec les « passages à l’acte », datant déjà des années 70, avec Tomkiewiec et Finder . Ce sont ces derniers points qui suscitent la réflexion et l’engagement personnel critique de l’auteur dans l’ouvrage.
Le propos est particulièrement utile pour éviter la dérive de l’utilisation de la psychanalyse à des fins institutionnelles, notamment dans le champ de l’expertise judiciaire. C’est alors oublier que la psychanalyse s’est d’abord voulu une interprétation de l’Inconscient, donc iconoclaste en son temps. Aujourd’hui le temps des experts reformate les grandes découvertes de Freud en allant contre la problématique du sujet, en déclarant la normativité des cadres et des pratiques analytiques.
C’est donc un ouvrage qui relie l’approche scientifique du psychisme et le militantisme social.