Groupe Mialet

GUY LAUMONT
 
   

Je vous adresse ce nouveau courrier, afin de vous informer de ce qui se passe ici... Bien sûr, vous pouvez publier le tout sur votre site, cette fois je vous demande de signer « La Fraternelle des détenus de VAL-de-REUIL, car ce texte a été fait par plusieurs et nous avons monté une petite Fraternelle avec un compagnon maçon qui nous a un peu initié.
Après la SODEXO, entreprise fournissant sous divers noms les repas immangeables de nos prisons privées, ce qui force les détenus à acheter aux prix chers les denrées pour se nourrir correctement, voici MAC DO qui entre en prison par la grande porte. Sachant qu’une bonne part de la population pénale est faite de jeunes détenus de la génération MAC DO, l’administration pénitentiaire se fait l’agent publicitaire de la merde à bouffer. Nous vous faisons parvenir l’affiche collée dans les bâtiments de détention.
VAL-de-REUIL, Centre de Détention réputé pour allonger les peines. Avec sa direction classée à l’extrême droite, dont l’ancien directeur fut membre fondateur de l’ex-FN Pénitentiaire à Villeneuve lès Maguelonne. Obsédé par les intégristes musulmans, allant jusqu’à raconter que les détenus d’origine maghrébine envoient le peu d’argent qu’ils ont ou gagnent dans les ateliers, en esclavage, à des groupes islamistes. Sa juge d’application des peines, hyper-répressive surtout avec les étrangers et les détenus en fin de peine, fait que VAL-de-REUIL, comparativement aux Maisons Centrales, a le plus petit nombre de mises en liberté sous condition, permissions de sortie et remises de peines.
Arnaque au niveau des achats de matériel informatique. Par exemple une cartouche vendue 8 EUROS pour une imprimante Canon en Maison Centrale sur un catalogue, sera vendue 43 EUROS. En fait sur le catalogue les 4 cartouches sont vendues le prix d’une à VAL-de-REUIL. Un PC coûtant dehors 1000 EUROS sera vendu ici 1.700 EUROS. Le même vendu dans le catalogue de la Redoute à 1.000 EUROS sera interdit à l’achat afin de faire bénéficier le fournisseur dont un membre du personnel est partie prenante dans le magasin.
Un détournement de fonds sur les pécules des détenus par un Chef de Détention et son épouse, affaire écrasée par le procureur du coin... Les deux restent toujours en place.
L’argent pour la réfection des cellules, surtout des peintures jamais refaites depuis douze ans, qui disparaît. La nourriture immangeable et parfois tellement pourrie que des détenus dernièrement sont tombés malades. Des repas à l’eau avec souvent la même chose midi et soir.
VAL-de-REUIL, le CD où personne ne demande jamais à venir, surnommé « le CD d’allongement des peines » dans les autres prisons. La juge d’Application des Peines (JAP) et sa Commission d’Application des Peines(CAP) abusent de leur autorité pour refuser permissions, libérations conditionnelles, remise de Peines (RP), remise de Peines Supplémentaires (RPS), en trouvant des arguments fallacieux pour toujours rejeter quoi que ce soit. Climat déplorable en détention, les détenus vivent en permanence sur les nerfs, subissant sans cesse les provocations de certains chefs de service. Le Chef de Détention, bien seul pour tenter de faire changer les choses, ne vient pratiquement plus en détention, comme s’il se sentait impuissant depuis son arrivée récente. Le Sous-Directeur, formé à l’école de l’autre fondateur du FN Pénitentiaire, ne reçoit jamais les détenus, les évite même, on dirait qu’il a peur d’eux refusant tout dialogue alors que beaucoup ici, qui ne sont pas des voyous, voudraient bien le rencontrer et discuter de leurs problèmes.
Le service socio-éducatif, jamais là, ne servant vraiment à rien, en fait si, servant de tampon entre la JAP qui refuse tout et le détenu, donc se sachant inutile. De toute façon aucune permanence socio-éducative, ni assistante sociale, ni éducateur pour 350 détenus en moyenne. Rien n’est fait en fait pour la réinsertion. On ment aux détenus, leur faisant croire qu’on a tout pour les aider, leur faisant du chantage avec les fameux PEP toujours pas institutionnalisés d’ailleurs, mais officieux, sans obligation, servant au chantage aux RP, RPS, permissions, libertés conditionnelles. Car ça oui, VAL-de-REUIL c’est le chantage permanent, mais le type n’aura jamais rien au bout. On le pousse à balancer pour rien, mais à la moindre infraction, c’est le mitard, peines doublées par rapport aux Centrales....
La JAP veut que les détenus paient les parties civiles, chose louable effectivement, mais avec quoi ? Les détenus travaillent comme des esclaves dans des ateliers véritables camps sans lumière du jour, pour des salaires de misère, se voient déjà retenir sur leur maigre salaire d’esclave, 10% pour les parties civiles, amis la JAP veut que le détenu paie encore plus alors qu’aucun texte législatif n’exige que, en plus des 10%, le détenu doive se serrer la ceinture pour payer des parties civiles, surtout quand ce sont des banques. Il faut ajouter que la nourriture est tellement infecte que le peu que touche un détenu en mandat ou en salaire, il doit le consacrer à la nourriture, sinon il crève de faim.
On a vu cette juge refuser une permission parce que le lieu d’hébergement du détenu était criminogène. Ce détenu habitait la région parisienne. A part Neuilly ou le 16ème ou à la rigueur Villennes sur Seine, quelle ville n’est criminogène autour ou dans Paris ?
On a vu aussi cette juge refuser des remises de peine parce que le détenu avait de mauvaises fréquentations en détention. Ah oui ! Mais alors il doit s’enfermer dans sa cellule 24 h/24, car, si nous ne nous trompons pas, il n’y a que des délinquants et des criminels en prison !
On a vu...
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Cette JAP applique un Code de Procédure Pénale inconnu de nous. Il est anormal que des détenus veuillent partir d’ici, parce que, quand ils sont transférés disciplinairement, ils sortent plus vite ailleurs. En principe un CD est fait pour les détenus considérés comme réinsérables. Ici personne n’est considéré comme réinsérable ! Il n’y a eu que 5 libérations conditionnelles en 4 mois pour 350 détenus environ alors que dans les Centrales en moyenne c’est 2 par mois pour 200 détenus.
En fait cette JAP se prend pour dieu, car elle ne conçoit la réinsertion que dans l’esprit judéo-chrétien du repentir et de l’expiation. Les détenus musulmans, athées, anarchistes, francs-maçons, simples révoltés sont pour elle pas réinsérables. En fait, elle n’aime pas non plus les affaires de banditisme ni les affaires de drogue.
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Voilà, maintenant MAC DO est implanté chez nous en toute illégalité. Il est interdit de faire de la publicité auprès des détenus pour une marque si la loi n’a pas changé. La prison pouvait très bien vendre de la merde MAC DO sans lui faire de la pub comme si MAC DO était notre soutien alors que c’est une boîte antisyndicaliste, exploitant comme dans les prisons ses salariés.

Pour la Fraternelle des Détenus
Guy LAUMONT

Témoignage