Monsieur,
J’ai eu à fréquenter en 1997, contre mon gré, une juge du Pôle Financier « connue pour se pousser du col » (l’expression est de Maître Mario Stasi), Isabelle Prévost-Desprez.
Mon ami Jean François Fohrer, qui a souffert de la méchanceté de cette pauvre femme (j’y reviendrai plus loin), m’a incité à vous communiquer un témoignage que j’ai publié à l’intention de mes amis et de ma famille, au moment de l’épilogue que marque le jugement (en appel) du 10 novembre 2001. Je le fais avec confiance, connaissant votre engagement à dénoncer ce que le langage policé d’une presse mollement engagée qualifie « d’abus de pouvoir ». Je le fais également en pensant, comme je l’ai fait à l’occasion du passage de l’année écoulée, aux hommes écrasés que j’ai croisés dans l’univers carcéral, et qui restent des frères en humanité.
Je reviens sur la « méchanceté » de Madame Prévost Desprez : cette femme ne m’a jamais impressionné, j’ai eu la révélation, au bout de dix minutes dans son cabinet, que c’est une personne qui ne s’aime pas et projette sur tous ceux qui l’approchent une méchanceté gratuite, infantile, capricieuse. C’est un caractère marqué par un puissant désir de punition, pulsion accompagnée d’une rancœur marquée contre les hommes ; je citerai pour illustrer ce point le fait que, lorsque mon père, bloqué dans son fauteuil roulant par un Parkinson avancé (et à 79 ans), a voulu me rendre visite à Fleury Mérogis (au 9ème mois de ma détention), elle a fait mine d’exiger (par deux fois) qu’il vienne lui-même chercher son permis de visite ( en haut du Palais?) pour vérifier s’il était vraiment grabataire?
Mais Madame Prévost Desprez n’est pas seule en cause : le dérapage est alimenté grandement par la paresse complice de la Chambre d’Accusation, dont les débats sont affligeants et m’ont fait penser que Balzac aurait encore à brocarder s’il était de ce monde : quand les hommes de Justice sont parjures à leur promesse, dans des petits pas quotidiens et bureaucratiques, ils tuent la confiance que le peuple est prêt à placer entre leurs mains. Vaste sujet?
Croyez, Monsieur, en l’expression de mes sentiments distingués.
Témoignage