Le 15 juin 2000, je me suis livré de mon propre chef, à la brigade financière de l’hôtel de police de Melun. C’est avec les déclarations que j’ai faîtes aux inspecteurs de la brigade financière que je me suis retrouvé inculpé de faux, usage de faux, faux en écritures, etc, etc?
Les inspecteurs étaient persuadés que je ne risquais absolument pas la prison, surtout grâce à mes déclarations et surtout que je me sois livré de mon propre chef, avant que les plaintes ne soient déposées. A la grande surprise de tous, je suis déféré devant le parquet de Melun, inculpé et incarcéré?. Les inspecteurs n’en revenaient pas.
Donc une détention provisoire commence à la petite maison d’arrêt de Melun. Là, je commence à rembourser les parties civiles, grâce au travail que j’effectue dans cette maison d’arrêt. Mon salaire de détenu est d’environ 1.800F mensuel. Je rembourse chaque mois 1.000F aux parties civiles. En plus je m’occupe de la bibliothèque et j’en profite pour aider des détenus qui le souhaitent.
En octobre, l’administration pénitentiaire décide de me transférer à Fleury-Mérogis motif toujours inconnu à ce jour. Motif officiel : surpopulation de la maison d’arrêt de Melun. Il s’agirait donc d’un transfert avant jugement?.
Dès mon arrivée à Fleury, le changement m’a frappé de plein fouet ! !
Sur Fleury, il m’est impossible de continuer les remboursements. Le salaire au sein des ateliers est complètement différent : entre 500 et 900 F par mois pour un travail "d’escroc"?. C’est de là que mon combat commence?.
Mon combat contre toutes les formes d’abus de pouvoir pouvait commencer. Chaque observation, chaque ordre qui ne figurait pas sur le règlement intérieur je les contestais par écrit auprès du directeur ou des surveillants chefs, avec des réponses plus ahurissantes les unes que les autres?(voir les pièces jointes). Je devins très vite l’instigateur des détenus?
Lorsque les nouvelles lois entrèrent en application début 2001, aucun éducateur n’était au courant et personne ne voulait se "mouiller". Il a fallut que nous leur fassions des photocopies des articles de lois afin qu’ils envisagent de commencer à recevoir les garçons et préparer avec eux leurs dossiers. Le monde à l’envers, il faut que se soit nous les détenus qui informions les éducateurs?. Mais la réaction de l’administration ne c’est pas fait attendre et une note non daté fut remise aux détenus? Il fallait bien réguler les sorties qu’ils ne pouvaient plus maîtriser?. Surtout que les dossiers des personnes détenus auraient été remplis convenablement tout cela devrait sortir au jour le jour?. Mais il est vrai que l’informatique en milieu carcéral?. Est très succinct. Pour un surveillant il est plus facile ré remplir des kilomètres de feuilles de papier.
Pour en revenir à mon propre parcours, malgré le fait que je me sois livré et que j’ai commencé le remboursement des parties civiles, la justice me condamne à deux ans d’incarcération?. Comme quoi rien de ce qui est écrit dans le code de procédure pénal n’est respecté et appliqué !
Je décidais donc de ne pas faire appel, mais de continuer à les harceler avec mes écrits que se soit vers les élus, les tribunaux administratif, et la direction de la pénitentiaire.
Pendant cette détention, j’étais employé dans un atelier du bâtiment D3. Cet atelier :France pack faisait du conditionnement, ou plutôt du reconditionnement . A ma grande surprise, j’étais employé par un escroc qui lui avait le droit sous le couvert de l’administration pénitentiaire. Après l’avoir dénoncé à l’administration plusieurs reprise, rien ne change. Je décidais donc de garder des preuves et d’attendre que je sois libéré. La suite vous la connaissait il suffit de lire le Canard enchaîné du 5 septembre 2001. ?
Il y a bien d’autres choses à dénoncer et je pense qu’il est urgent que nous nous y attachions, en effet une brèche est ouverte dans ce monde hors du temps, et je suis convaincu qu’il faut s’y engouffrer.
Pendant cette détention mon amie et moi, nous avons décidé de nous marier. C’est là que nous avons pu nous rendre compte de l’incompétence de l’éducatrice qui était chargé de mon dossier (perte de documents administratif, et surtout une incompétence qui mériterait des sanctions?)
L’administration ne voulant pas être en reste, décide du jour au lendemain de supprimer le permis de visite de ma compagne, nous n’étions pas déclarés en concubinage, alors de par ma condamnation, il fallait que ce soit le directeur de Fleury qui lui accorde le permis?.(abus de pouvoir) En pleine constitution de notre dossier de mariage?.. une nouvelle fois, si cela est encore à démontrer, le non suivi de dossier. De plus, l’administration une nouvelle fois abuse de son pouvoir. Je suis certain qu’une action en justice est encore possible pour dénoncer cette abus de pouvoir caractérisé, et surtout que cela ne se reproduise plus , vis à vis d’autres détenus?.
En se qui concerne le problème des ateliers, je pense que l’article que je me suis permis de faire faire au Canard Enchaîné suffit à lui seul pour exprimer le climat qui règne au sein de cet établissement???
Je suis en liberté conditionnelle depuis le deux août 2001 et je n’ai pas l’intention de baisser les bras face à cette administration d’un autre monde?. Il faut non seulement dénoncer, mais il faut faire les actions qui brisent ce pouvoir excessif ?.
(à suivre)
Mon histoire