Groupe Mialet

LAURANE MERRALL
 
   

Monsieur,

Suite à notre conversation téléphonique malheureusement interrompue de vendredi dernier, je me permets de vous écrire pour témoigner et vous demander conseil et réconfort. Mon mari est incarcéré à la Maison d’Arrêt de Loos depuis le 24 novembre 1999, il est accusé de meurtre sur une personne retrouvée morte au pied d’une falaise le 16 février 1995. L’affaire a été classée sans suite à l’époque (cause de la mort :suicide), mais réouverte en septembre 99 sous la pression de la famille et de la presse locale, pour meurtre cette fois. Le dernier lieu fréquenté par la victime étant un café où se trouvaient mon mari, le couple tenancier et trois autres clients. Mon mari est accusé d’avoir donné un coup de poing ayant entraîné la mort de cette personne et, avec d’autres complices d’avoir transporté le corps au pied de la falaise.
Cette affaire est un véritable imbroglio (pas de preuves), juste des témoignages très peu crédibles car il y a déjà eu des rétractations et un témoin anonyme ! !
Il clame son innocence du fond de sa cellule, il a même demandé à être placé sous hypnose régressive mais cela n’est pas reconnu par les tribunaux français.
J’ai lancé un comité de soutien car tout notre entourage familial, amis, voisins, professionnel est convaincu de son innocence et nous craignons l’erreur judiciaire
Etant un ancien détenu vous-même, vous comprendrez mieux que personne le cauchemar que nous vivons depuis bientôt un an. Toute une vie qui s’écroule à la minute où un gendarme vous téléphone au bureau pour vous dire que votre mari est placé en garde à vue et qu’il risque le maximum.
Pour sa défense, je pense avoir pris deux bons avocats mais la justice française est si lente que vous avez l’impression d’être rongé jusqu’à la moelle.
A 50 ans, casier judiciaire vierge, jamais d’histoires avec la police et la justice, mon mari supporte très mal la détention. La M A de Loos est insalubre (saleté, froid, humidité), manque de soin la nourriture est immangeable, les humiliations, le bruit, la peur à chaque instant, la rigidité de l’administration pénitentiaire, par exemple mon mari est resté sans manteau du 24 novembre au 25 décembre, alors que je le lui avais amené le lendemain de son incarcération ! !
De plus la MA se situe à 120 km de mon domicile (j’habite entre Boulogne sur mer et Calais), ce qui accroît les difficultés. Je me retrouve seule avec mes deux filles âgées de 4 et 8 ans, mais heureusement je travaille et suis très soutenue par la famille, amis et l’entourage professionnel.
J’espère vivement que vous prendrez mon témoignage en considération, vous pouvez me contacter pour plus de détails. Vous qui en êtes ? sortis ? bien que je vous aie entendu dire que même en cas d’acquittement ou de relaxe, un homme qui a fait de la prison reste marqué au fer rouge pour le reste de sa vie, et c’est ce que je crains pour lui bien sûr et pour nos filles.
J’espère que vous m’informerez de vos actions aux quelles je suis particulièrement sensible et reconnaissante qu’en tant que VIP et plus médiatisés que nous, vous vous occupiez du sort de ceux qui sont encore derrière les barreaux.
Je vous adresse encore une fois mes remerciements, mes encouragements et mon soutien pour votre action.

A bientôt, je l’espère.

Laurane Merrall

Il est accusé de meurtre