A l’automne 1998
un petit groupe d’hommes a décidé de se réunir régulièrement
pour réfléchir ensemble aux problèmes que posent les
dysfonctionnements des institutions judiciaires et
pénitentiaires françaises. Ces hommes avaient la particularité
de s’être rencontrés et estimés derrière les barreaux d’une
prison ou d’une autre. Certains se reconnaissaient coupables des
faits qu’on leur avait reprochés ; d’autres clamaient leur
innocence. Certains avaient purgé la peine qui leur avait été
infligée; d’autres n’étaient pas encore jugés et ne le seront
peut-être jamais. Qu’importe ! Ils ont tous été confrontés au «
système » qui a la mission de défendre la Société contre les
manquements des citoyens aux lois. Ils ont constaté que ce
système ne fonctionnait pas, qu’il broyait indistinctement
innocents et coupables, qu’il fabriquait méthodiquement des
exclus, qu’il s’emballait au service d’un petit nombre d’hommes
qui réclament toujours plus de pouvoir sans accepter l’ombre
d’une responsabilité.
Jean-Luc Mialet était officier de police judiciaire. Il
fut soupçonné d’appartenir à l’ETA et incarcéré. Il se pendit
dans sa cellule de la Santé le 23 janvier 1997. Il avait
trente-sept ans, sa femme était âgée de vingt-quatre ans, il
avait deux petites filles l’une âgée de sept ans, l’autre
de quelques mois.
En juin 1999 le Groupe Mialet se constitue en Association.
En janvier 2000 le Groupe Mialet considère que le temps est venu
pour lui d’afficher publiquement ses critiques des systèmes
judiciaires et pénitentiaires ainsi que ses propositions de
réformes. Il adresse une lettre ouverte à Madame Guigou, alors
Garde des Sceaux, que publie le Nouvel Observateur. Au même
instant sort en librairie le livre de Véronique Vasseur «
Médecin-chef à la prison de la Santé » qui a un retentissement
considérable sur l’opinion publique. Dès lors les événements se
succèdent : colloques au barreau de Paris, interviews à la radio
et à la télévision. Le Groupe Mialet est entendu officiellement
par la Commission d’Enquête du Sénat sur l’Etat des
Etablissements Pénitentiaires français, officieusement par la
Commission de l’Assemblée Nationale.
Depuis le Groupe approfondit ses réflexions et multiplie ses
interventions auprès des hommes politiques, des journalistes et
plus généralement des décideurs. Il organise des débats au cours
desquels il a reçu des personnalités aussi différentes que
Mesdames Christine Boutin et Roselyne Godard, Messieurs Noël
Mamère, Michel Charasse, Roger Leloire, Philippe Bilger, Francis
Teitgen, Jacques Verges, Jean-Marc Florand, Henri Leclerc,
Patrick Dils, Denis Seznec, Jean-Marie Rouart, Marc Fiévet,
Christophe Hondelatte, le Syndicat des avocats de France,
Dominique Wiel...
Le 7 février 2002, le Groupe Mialet a organisé un colloque au
cours duquel sont venus présenter leurs idées sur la justice des
représentants de tous les candidats à l’élection présidentielle.
Le 16 octobre 2002, le Groupe Mialet a publié chez Balland «
TOUS COUPABLES, Réquisitoire contre le système judiciaire et la
prison ».
Le 2 février 2004, le groupe Mialet publie son premier cahier :
LA JUSTICE FRANCAISE EN QUESTION, Réflexions sur les
procédures pénales.
Le 22 novembre 2004, à l’occasion des 11ièmes Journées
Nationales Prison, le Groupe Mialet organise un colloque sur le
thème « QUELLE PRISON POUR L’EUROPE ? » qui
sera l’objet de son Cahier numéro 2.
Le 15 juin 2005, le Groupe Mialet organise un colloque à
l’Assemblée Nationale sur le thème « La responsabilité
des magistrats » qui sera l’objet de son cahier numéro
3.
Le 12 janvier 2007, le Groupe Mialet organise une journée avec
France Inter consacrée au thème "Vers une justice utile..."
Que voulons-nous ?
- Une diminution considérable du nombre des détenus, par la mise
en œuvre de peines autres que la prison, la stricte limitation
des incarcérations provisoires et l’instauration d’un numerus
clausus dans les prisons françaises.
- La formation des détenus, en particulier des plus jeunes, pour
préparer leur réinsertion et éviter les récidives.
- L’amélioration des conditions de détention, matérielles mais
surtout psychologiques.
Tout cela ne nécessite pas forcément de dépenses supplémentaires
:
10 000 prisonniers en moins c’est deux cents millions
d’économisés chaque année, 4.000 surveillants libérés de leurs
tâches pour devenir éducateurs ou travailler en milieu ouvert,
une cellule qui n’est pas construite économise 100 000 euros
d’investissement.
Mais nous voulons aussi :
- Qu’une procédure CONTRADICTOIRE soit
instaurée en France à la place de la procédure INQUISITOIRE
actuellement en vigueur. Cette dernière donne tous les pouvoirs
à un juge d’instruction au détriment des droits de la défense.
Elle pousse les policiers et les gendarmes à arracher par tous
les moyens aux suspects des aveux au cours de gardes à vues.
Elle amène les juges d’instruction à incarcérer les prévenus
pour les faire « craquer » et pour leur faire avouer n’importe
quoi afin de retrouver la liberté.
- Que les juges soient responsables de leurs erreurs, comme le
sont les professeurs, les ingénieurs, les docteurs, les chefs
d’entreprise, les maires, ni plus ni moins.